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12 avril 2010

Petit brunch du dimanche

Petit brunch du dimanchePetit brunch du dimanche

Barthélémy voulait découvrir la Couronne à Nyon et déguster un petit cigare. L’occasion était donnée pour organiser un petit brunch ce dimanche 21 mars 2010. Barthélémy, Emily, Patrick, Philippe, Carmen et moi-même sommes présents. Pour la première fois sur le site, on sera deux à donner nos commentaires sur les vins dégustés: Barth et moi-même. Je trouve le procédé très intéressant et instructif. Les commentaires ont été notés lors de la dégustation et n’ont été modifiés que dans la structure du texte.

Champagne brut Louis Roederer 1955. Une bouteille qui avait légèrement coulé lors de son transport, niveau haut d’épaule.

Laurent: Une belle couleur ambre. Nez lactique qui vire même sur le petit lait aigre, on se retrouve aussi dans un verger de pomme verte avec une légère impression de noix en fin de bouche. La bouche est droite, bien équilibrée. On finit avec de la pomme verte. Après une quinzaine de minutes, le goût change et part sur la mirabelle mûre, le pruneau cuit et pour certains le pruneau encore vert !

Barth: Magnifique robe ambrée, relativement dense et aux reflets orangés dont la belle viscosité permet d’en apprécier encore mieux les nuances. Le nez dégage de fines notes de petit lait aigre parsemées d’une touche de noix verte dont l’élégance persiste tout en finesse. La bouche se prononce avec une attaque droite et épurée, dont l’incroyable, mais délicate acidité donne à ce champagne une structure époustouflante. Les flaveurs de pomme verte du début se transforment ensuite en bouche; une quinzaine de minutes plus tard; en de subtiles lancées de mirabelles tombées de l’arbre. Excellent

Champagne brut Louis Roederer 1955

Pouilly-Fuissé 1928 Abel Porte ? 

Laurent: Bouteille avec un niveau bas, près de la vidange. Couleur caramel, proche du cognac ou de l’armagnac. Le premier nez est sur l’herbe moisie avec ensuite de la torréfaction et de la vanille. La bouche est courte, déséquilibrée et surtout une forte acidité et de la pomme blette en fin de bouche après quelques minutes. Bon pour certains, je suis plus dubitatif. 

Barth: Belle couleur cognac/caramel dont la robe reflète une sorte d’orangé foncé délicat. Un nez d’herbes fraîchement coupées et peut-être légèrement moisies accompagne des senteurs fines de poussières minérales et d’une touche de torréfaction. La bouche après une franche attaque acide s’amenuise promptement pour disparaître sans laisser de trace : décevant. Le premier net déséquilibre de ce vin va disparaître pour montrer une amélioration au contact de l’air qui va durer une quinzaine de minutes avant de s’effondrer à nouveau. Le chant du cygne.

Pouilly-Fuissé 1928 Abel Porte

Rully 1929 Y. Pacault.

Laurent: (contrairement au commentaire ci-dessous de Barth, j’ai eu moi aussi l’honneur de goûter le vin ). Bouteille avec un niveau vidange très inquiétant, couleur trouble. Nez de savon et en bouche…imbuvable !

Barth: (Je suis le seul dégustateur à avoir dévoué mes papilles pour ce vin !) Le peu de matière colorante de ce vin laisse apparaître un rouge passé, faible d’intensité, d’un orangé relativement limpide. Le nez dégage des notes savonneuses distinctes que l’on retrouve sur le bouchon ainsi qu’une touche éventuelle de transpiration. La bouche est difficile, nauséabonde et dure. Sans intérêt.

Rully 1929 Pacault

Avant de continuer les rouges, on va servir de magnifiques côtes de cochon Noir de Bigorre, ses marrons au beurre et ses pruneaux d’Agens. La photo a été prise dans le plat de cuisson.

côtes de cochon Noir de Bigorre et ses marrons

Bonnes-Mares 1976 du domaine Comte Georges de Vogüe.

Laurent: Nez de bois brûlé, de fumé, de tabac et de transpiration. Le vin est fin avec un léger manque de fraîcheur. Le final est salin et surtout la bouteille s’améliorera après quelques minutes. Je ne me suis pas laissé envoûté par cette bouteille… peut-être que le souvenir du Chambolle-Musigny a faussé mon appréciation. 

Barth: D’une belle couleur rubis dotée d’une robe orangée, ce vin un peu trouble présente une faible matière colorante. Les notes de tabac et de poivre prédominent très nettement le premier nez pour ensuite évoluer sur un tapis champignonneux de sous-bois agréable. Une petite touche de transpiration saline et de cire évolue vers un deuxième nez nettement plus fin et rond au bout d’une vingtaine de minutes. La bouche se veut fidèle au nez et présente à son tour une attaque fine sur le tabac et peut-être le cuir. Malgré une belle amélioration dans le temps, ce vin est légèrement déséquilibré.

Bonnes-Mares 1976 du domaine Comte Georges de Vogüe

Château Margaux 1968.

Laurent: Année médiocre avec beaucoup de pluies. Je pense que c’était la première fois que je goûtais une bouteille de ce millésime. Le nez est herbacé… avec du champignon et du poivre. En bouche, c’est dilué avec quand même un peu d’élégance et de finesse. Le champignon prédomine. Le vin est court. Je dois quand même dire que cette bouteille était plaisante à boire.

Barth: Mauvais millésime par excellence de ce château à en croire la docte littérature sur le sujet, ce nectar, d’une belle liquidité, se présente avec une couleur rubis foncé, relativement intense et avec des reflets ambrés subtils herbacés s’entrouvre s’une des notes de poivrons verts élégantes et un arrière arrière-fond de petite verdure. Ce manque apparent de maturité au niveau des senteurs est pallié toutefois, après aération, par l’arrivée élégante d’une fine touche de torréfaction. La première bouche est fine, sautante et équilibrée, ne dure malheureusement pas.

Château Margaux 1968

Pour voir la différence avec une bonne année, j’ouvre à l’aveugle un Château Margaux 1975.

Laurent: Le nez est légèrement herbacé, avec du poivre, du poivron, de la framboise et de l’encre. On sent qu’il est plus jeune que le précédent et mieux structuré avec des tannins bien présents. On retrouve d’ailleurs le poivron au palais. Le petit moins est une légère astringence qui me dérange. Bon vin.

Barth: (Laurent ouvre à l’aveugle et promptement ce deuxième petit millésime en vue de mon éducation oenologique). Ici aussi, la robe rubis est foncée, avec de fins reflets orangés en étant toutefois nettement plus dense que le précédent. Le premier nez révèle également une base de petite verdure et de poivron (vert ?), presque mouillé, qui s’enchaîne sur une légère torréfaction café à peine perceptible. En bouche, après une prise de contact fine et élégante, les tannins encore bien présents offrent une belle astringence qui différencie ainsi nettement ce millésime du précédent. La fin de bouche reprend ensuite l’élégante touche café pressentie au nez.

Château Margaux 1975

Hermitage du Domaine Jean-Louis Chave 1986.

Laurent: Nez poivré, fruité avec une richesse et une intensité qui nous enivre et nous oblige à mettre le verre entre nos lèvres. La bouche est elle aussi intense, une belle structure et un superbe équilibre font de ce vin un plaisir presque égoïste… on aimerait finir la bouteille en tête à tête avec le flacon ! Il est peut-être un peu court, mais c’est quand même magnifique.

Barth: Probablement le meilleur vin de la soirée. Couleur dense et riche, d’une jeunesse apparente malgré sa robe ambrée. Nez prenant, dont l’intensité étonne et qui évolue sur des notes fortes de griottes, de sang et de gibier. Fin et complexe et sans vulgarité aucune. La bouche structurée et équilibrée reprend ce monde tertiaire découvert au nez en un bouquet concentré et délicat. La puissance ne nuit en rien à la dégustation et se fond dans le tout magistralement. La fin de bouche s’avère un peu courte par rapport à ce que le nez annonçait. Très grand.

Hermitage du Domaine Jean-Louis Chave 1986

Château Vannières 2001 (Bandol).

Laurent: Un nez vanillé et crémeux nous surprend d’entrée puis viennent les arômes d’encre, de bacon et de violette. La bouche est chaleureuse et alcooleuse. Le chocolat, la violette et un soupçon de menthol enrobent la bouche. C’est un beau vin, généreux,sera à mes yeux légèrement « too much ».

Barth: Vin gourmand de la soirée, il arbore une belle viscosité, d’un pourpre dense dont les reflets violacés dénotent encore sa jeunesse, alors même que la suite de la dégustation a confirmé son aptitude à être bu dès maintenant ( ?). Le nez riche s’ouvre sur la violette (grenache ?) et la vanille de manière presque un peu brutale. La bouche continue avec du chocolat blanc, et noir, sur une touche très alcoolique et légèrement astringente. Le corps est rond, sans finesse, et développe un goût mentholé agréable qui évolue sur la verveine selon certains.

Château Vannières 2001

Vin jaune 1967 de Jean Bourdy.

Laurent: Un nez très élégant, tout en finesse, tendu et frais. Nous avons bien entendu aussi de la noix verte. La bouche est très acide, le vin part sur des arômes de pomme reinette et de noix verte. C’est bon, mais sans plus.

Barth: Très liquide et cristallin, ce vin présente une faible matière colorante d’un orange clair et dilué. Le nez s’ouvre sur des effluves oxydatives fines, peu intenses, mais fraîches, tendues dont la noix verte apparaît en finesse. Les senteurs florales sont jeunes et délicates. La première bouche est verte et acide avec de la noix, mais également de la pomme, ni golden ni verte, mais de la « reine des reinettes » mûre. Un bon vin.
 Vin jaune 1967 de Jean Bourdy

Petite pause avec quelques alcools. On commence avec une chartreuse verte de Tarragone 1977.

Laurent: Nez de plantes très agréable et moins médicamenteux que les récentes bouteilles . La bouche est anisée, herbale.herbacéesuis pas un spécialiste, mais je trouve ça bon. Je trouve que le système du certificat d’authenticité est assez léger. Comment prouver que la bouteille est effectivement celle nommée sur ce bout de papier ? Je suis perplexe.

Barth et Emily partent à ce moment et il ne notera pas les prochaines bouteilles. Pour la Tarragone, on va dire que ce n’est vraiment pas à son goût… Je vais quand même donner son commentaire, car sur notre site il n’y a pas de censure (pour le moment): Dégueulasse ! 

 chartreuse verte de Tarragone 1977

Armagnac 1893 de Laubade (on arrive à la fin de la bouteille….) Nez puissant de caramel, de térébenthine et de griotte. La bouche est fruitée, on retrouve la griotte. Le tout est puissant, jeune et long en bouche. J’imagine que la mise en bouteille en l’an 1983 n’a été que bénéfique. 90 ans en fûts quand même !

 Bas-armagnac-de-Laubade-1893

On va ensuite déguster deux Rhum de Courcelles 1972. La première est la bouteille carrée qui est à 58% et la deuxième à 47%d’alcool. Le premier a un nez fruité, vanillé et des amandes. La bouche est jeune, vive, équilibrée et puissante. Etonnamment la deuxième bouteille nous semble plus alcooleuse et plus forte.

 Rhum de Courcelles 1972 (58)

Rhum de Courcelles 1972 (47)

Rhum vieux brut de fûts 1980 de Chantal Comte. Nez magnifique et puissant, on a des arômes de mirabelle confite, de prune, d’amande et une pointe de vanille de Madagascar. Le liquide et le volatile prennent leurs aises dans la bouche, c’est rond et puissant, peut-être un peu trop puissant… C’est très bon !

Rhum vieux brut de fûts 1980 de Chantal Comte

Ambroisie 1996 de Jo Pithon. Nez magnifique de crème, de mangue et de miel. La bouche est encore plus extraordinaire, avec de la mangue, de l’abricot, du litchi et de la poire, des fraises de Plougastel, du miel et du cidre. Le vin est tendu, équilibré et à une précision de métronome. Je suis une fois de plus sous le charme de ce vin hors norme.

Ambroisie 1996 de Jo Pithon

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