Cet article a été écrit par

12 avril 2010

Soirée Leroy à Lavinia

Soirée Leroy à LaviniaSoirée Leroy à Lavinia

Un moment important pour tout passionné de Bourgogne, la dégustation des vins du Domaine Leroy. De plus, nous avons la chance d’avoir ce soir-là Lalou-Bize Leroy et sa fille Perrine ainsi que le responsable des ventes de Leroy. A notre table, il y avait aussi le président de Lavinia. Que du beau monde qui accompagnait l’équipe de serial-bottler du soir, Patrick, Christophe et moi-même.

Ce jeudi 25 mars 2010 sera gravé dans les mémoires comme étant une très belle dégustation. Un repas sera servi en fin de soirée et une fois de plus le niveau sera élevé. Merci à toute l’équipe de Lavinia pour cette belle soirée.

Pour la deuxième fois, j’ai décidé de mettre des notes de dégustations en parallèle. Il semblerait que nous n’avions pas forcément les mêmes commentaires entre Patrick, Christophe et moi-même… Les notes olfactives étant aussi parfois éloignées…. amusant !

 Bourgogne rouge 1999 – Maison Leroy

Laurent: Nez discret tout en finesse. Le vin est vif avec une verdeur excessive par rapport à la matière qui n’est pas énorme.

Christophe: Une belle finesse, un joli fruit charmeur, mais trop léger à mon goût

Bourgogne rouge 1999 - Maison Leroy

Pommard « Les Vignots » 2007 – Domaine Leroy

Laurent: Magnifique nez vanillé avec des touches de cuir. Un vin qui fait plus vieux que son âge. Il est élégant et d’une belle richesse. J’aime beaucoup.

Christophe: Bon vin qui possède une légère astringence et également un poil de piquant, à garder en cave quelque temps.

Patrick: vin riche et opulent, m’a beaucoup séduit. Dois être conservé encore 10 ans
N : Cuir, vanille, sauge
B : Cuir, vanille, sauge, cerise, fumée
F : Longue, cerise

Pommard Les Vignots 2007 - Domaine Leroy
Pommard « Les Vignots » 1997 – Domaine Leroy

Laurent:  Nez plus évolué et chaud que le précédent. Après un moment, le nez détecte des touches citronnées. En bouche on retrouve une jolie matière avec une présence agréable de cacao.

Christophe: Un vin qui me plait plus, assez sec en bouche, de belles épices qui ressortent et un joli gras, un petit côté tannique qui préfigure un beau vieillissement.

Patrick: moins réussi que le 07, moins de matière, ne m’a pas séduit. A boire, ne peut pas vieillir
N : Choux, chaux
B : Fleurs, chocolat, nougat
F : Longue sur chocolat

Pommard Les Vignots 1997 - Domaine Leroy

Pommard « Les Vignots » 1980 – Maison Leroy

Laurent:  Nez chaleureux et épicé. Arômes de paprika et de craie. La bouche est très fluide avec une belle finesse. Un vin chaleureux et plaisant, mais qui manque un peu de matière à mon avis.

Christophe: La 1ère bouteille à visiblement eu un problème, matière cuite, plat en bouche à oublier, seconde bouteille provenant de la table de mes acolytes est vraiment différente, mais manquant toutefois de matière.

Patrick: très bon, une richesse énorme, m’a beaucoup plu. Bon potentiel de garde 10-15 ans
N : Coquille, fruit de mer, citron, mentholé, café brûlé
B : Cerise, tabac, coquille, citron
F : Longue, sur la coquille, très bon.

Pommard Les Vignots 1980 - Maison Leroy

Pommard 1er cru « Les Epenots » 1972 – Maison Leroy

Laurent: Un vin tout en finesse, qui est racé, avec une prédominance de cuir. Il est court en bouche, mais a gardé une jolie acidité qui maintient le vin sur un joli registre. N’oublions pas que nous sommes face au millésime 72.

Christophe: Enfin une belle bouteille avec du pédigrée, très beau gras, sur les notes tertiaires, une légère astringence laissant présager encore de l’avenir, très bon (et visiblement meilleure que la bouteille No1). Gevrey-Chambertin 1er cru « Les Combottes » 2007 ? Domaine Leroy Superbe fruité, belle structure et bonne densité, tannique présageant un bon potentiel, très bon.

Patrick: peu de fruit, beaucoup d’alcool, déséquilibré, matière un peu faible qui m’a laissé sur ma faim. Je n’ai pas trop aimé.
N : Coquille, étable
B : Etable, nougat, mushmallow, jasmin
F : Longue sur l’étable et le nougat

Pommard 1er cru Les Epenots 1972 - Maison Leroy

Gevrey-Chambertin 1er cru « Les Combottes » 2007 – Domaine Leroy

Laurent: Nez de chocolat et de pain d’épice. Une fois de plus je suis bluffé par ce millésime 2007, qui est sur les rouges du domaine d’ une fraîcheur et qualité intéressante. Il faudra voir après quelques années l’évolution de ces vins.  

Patrick:  joli vin, bien équilibré, une caresse, j’ai beaucoup aimé cet équilibre et cette puissance maîtrisée. Fort potentiel de garde, à conserver encore 10-15 ans
N : Chocolat, pain d’épice, calcaire, estragon
B : Pure, chocolat, pain d’épice, calcaire, estragon, équilibré, chaud
F : Longue sur le chocolat

Gevrey-Chambertin 1er cru Les Combottes 2007 - Domaine Leroy

Gevrey-Chambertin 1er cru « Les Combottes » 1999 – Domaine Leroy

Laurent: Un vin fermé et qui est malheureusement sur la retenue. Je suis quand même surpris que ce vin soit aussi fermé sur un millésime comme 1999. Ce vin a néanmoins un bon potentiel. A regoûter une fois ouvert.

Christophe: Tannique, un demi-corps (déception), bonne longueur et finesse.

Patrick: il a eu beaucoup de mal après le 2007, peut être un manque d’objectivité de ma part…. Je l’ai trouvé astringent et déséquilibré en bouche.
N : Etable
B : Fraise, terre humide, foin
F : Longue, fraise

Gevrey-Chambertin 1er cru Les Combottes 1999 - Domaine Leroy

Gevrey-Chambertin 1er cru 1980 – Maison Leroy

Laurent: Un joli nez de cassis et de framboise. Un vin relativement dilué et qui est lui aussi sur la retenue. Il est un peu court en bouche ce qui n’enlève rien au fait que ce soit un beau vin.

Christophe: Cette bouteille a déjà passé son apogée, épices et tertiaire, dommage.

Patrick: superbe, équilibrée, toute en rondeur et en finesse, corps et trame superbe. Une belle réussite, j’ai beaucoup aimé. A boire, mais peut encore vieillir 5 ans.
N : Terre humide, cerise, framboise.
B : Fraise, foin cassis, cannelle, soyeuse, précise
F : Longue sur la framboise
 

Gevrey-Chambertin 1er cru 1980 - Maison Leroy

Gevrey-Chambertin 1er cru « Les Cazetiers » 1970 – Maison Leroy

Laurent: encore un joli vin tout en élégance, en finesse et en précision. Le nez reste sur le cassis et la framboise. Il est à noter que je suis impressionné d’avoir autant de mâche dans ce vin de plus de 40 ans !

Christophe: 1ère bouteille : très beau gras, corps fin avec un peu d’acidité, aromes basiques, la 2ème bouteille est supérieure avec plus de tannins et une meilleure longueur.

Patrick: malgré une finale courte, ce vin m’a séduit par son soyeux et sa finesse. Je ne vois pas de potentiel de garde.
N : Framboise, cassis
B : Coing, framboise, équilibrée, fine, manque peut-être un peu de corps.
F : Court mais superbe, pas de faux goûts

Gevrey-Chambertin 1er cru Les Cazetiers 1970 - Maison Leroy

Gevrey-Chambertin 1er cru « Les Cazetiers » 1955 – Maison Leroy

Laurent: Un vin énorme ! Nez d’une jeunesse trompeuse.  Il est à noter que l’on ne retrouve pas le cassis et la framboise au nez, mais de la fraise… Le vin est d’une arrogante puissance. C’est un vin de caractère et de terroir. J’aime passionnément ce vin !

Christophe: Superbe densité, belle longueur et structuré, tout en étant d’une finesse remarquable, de toute beauté.

Patrick:  première impression, c’est bizarre de servir un vin de la fin des années 90 après cette vieille série, c’est très bon et jeune. Quoi, comment, c’est une farce 1955 je dois voir la bouteille, et oui c’est bien 1955, que dire un potentiel de garde phénoménale peut être gardé encore 50 (100 ?) ans sans problèmes, fabuleux, le vin de la soirée, gigantesque, calme toi garçon respire un grand coup. Autre particularité c’est un vin dont le nez, la bouche et la finale sont semblable, impressionnant
N : Pur, droit, équilibré, terre humide, betterave, calcaire, mûre, fraise.
B : Pure, droite, équilibrée, terre humide, betterave, calcaire, mûre, fraise.
F : Pur, droit, équilibré, terre humide, betterave, calcaire, mûre, fraise

Gevrey-Chambertin 1er cru Les Cazetiers 1955 - Maison Leroy

Bourgogne blanc 2007 – Maison Leroy

Laurent: on commence la série par deux bourgognes génériques de la maison de négoce. Sans dire qu’il sont mauvais, on va dire qu’il sont inintéressants et je pense que l’on peut trouver de meilleurs génériques chez d’autres vignerons/maisons. Le 2007 est un vin d’une belle fraîcheur avec un peu trop de boisé et de fumé. Il a un manque de caractère évident.

Christophe: No comment, sans intérêt.

Patrick: on descend de plusieurs niveaux, faiblard, belle minéralité cela fait du bien de faire une pose après cette série 😉 potentiel de garde 5 ans peut être 10
N : Silex, abricot ?
B : Silex
F : Silex, court

Bourgogne blanc 2007 - Maison Leroy

Bourgogne blanc 1997 – Maison Leroy

Laurent: On retrouve ce manque de caractère, avec sur cette bouteille un côté lactique et un vin trop en retrait. De plus, il est court en bouche. Passer son chemin…

Christophe: Elevage vraiment trop présent à mon goût, la matière n’est probablement pas suffisante pour absorber tout ce fût de chêne.

Patrick: vin de négoce, à peine mieux que le précédent, très court (cela me fait penser que j’en aie encore une ou deux bouteilles dans ma cave, je vais devoir les boire)
N : Silex, pamplemousse rose
B : Silex, pamplemousse, coing, bouche fugace, courte, mais bien équilibrée
F : Courte

Bourgogne blanc 1997 - Maison Leroy

Corton-Charlemagne grand cru 1997 – Domaine Leroy

Laurent: Sur cette bouteille on retrouve un vin de terroir ! Evidemment il est difficile de comparer ce vin avec les deux précédents. Nez complexe et floral, on remarque que le bois est bien maitrisé, ce qui en fait une très belle bouteille. On a aussi de la  longueur et de l’équilibre dans ce vin.

Christophe: Enfin on arrive sur du sérieux, ce vin possède un gras exceptionnel, une superbe densité, en un mot magnifique.

Patrick: La délivrance, enfin un grand blanc (requin ?) très bien équilibré, belle longueur, belle structure, l’un des vins de la soirée, j’ai beaucoup aimé. Gros potentiel de garde 20-25 ans
N : Sauge, estragon, tarte de pruneaux, poivre, poire, coing
B : Estragon, thym, citron, tarte de pruneaux, coing
F : Courte mais pure sur le citron et le thym

Corton-Charlemagne grand cru 1997 - Domaine Leroy

Meursault 1er cru « Les Perrières » 1997 – Maison Leroy

Laurent: on se trouve face à un joli vin avec un nez oriental agrémenté de noisette et d’amande. Au palais, le vin est malheureusement trop court et ne confirme pas le nez qui était tellement plaisant.

Christophe: Chauffe très présente (trop toasté ?), beau gras, mais une certaine aigreur vient perturber le tout, dommage.

Patrick: un peu simple, manque de corps, je n’ai pas beaucoup aimé.
N : Silex, craie, pomme verte, crème
B : Silex, crème
F : Longue, crème

Meursault 1er cru Les Perrieres 1997 - Maison Leroy Meursault 1er cru « Les Perrières » 1973 – Maison Leroy

Laurent: la première bouteille a un défaut du bouchon. La deuxième est intéressante, on y trouve un bel élevage, de la tension et une belle acidité. Je trouve l’exercice instructif de boire des millésimes difficiles chez une maison comme Leroy. On voit que le travail en vignes et en chais est exemplaire à l’époque. Pour cette bouteille, je pense tout de même que le magnifique terroir des « Perrières » a sauvé le vin.

Christophe: Très beau gras, des arômes de pomme blette, bouteille intéressante, mais pas renversante.

Patrick:  intéressant, dans un millésime difficile, j’ai aimé même si l’effet millésime est visible, simple et droit. à boire pas de potentiel de garde
N : Sureau, citron, crème
B : sureau, crème, citron, craie, pomme verte
F : Longue, coing, citron

Meursault 1er cru Les Perrières 1973 - Maison Leroy

Meursault 1er cru « Les Perrières » 1969 – Maison Leroy

Laurent: On finit la dégustation avec un vin exceptionnel. Le vin est sur l’oxydatif, des notes de raisins surmaturés, de fruits blancs et de crème. Je suis sous le charme de cette bouteille. Il faut dire que mon palais apprécie de plus en plus ces vins légèrement ou complètement oxydatifs ! Je ne m’en lasse pas, heureusement qu’on arrive à la fin du flacon…

Patrick: oxydé, mais superbe, bel équilibre, belle structure. A boire d’urgence j’ai beaucoup aimé.
N : Coing, crème, pêche, abricot, craie, orange sanguine, pain d’épice.
B : Coing, crème, abricot, pain d’épice la bouche est superbe, mais une fatigue ce fait sentir après un certain temps.
F : Longue, crème

Meursault 1er cru Les Perrières 1969 - Maison Leroy

On attaque le fabuleux repas accompagné des survivantes (des bouteilles évidemment). En fin de repas Stéphane me fera déguster un autre vin rouge de Leroy que j’ai mis dans les années 90 (ou plus précisément en 1990). Ô surprise, c’est notre Gevrey-Chambertin 1er cru « Les Cazetiers » 1955  dont il restait une bouteille…

St Jacques avec son émulsion

asperges de saison et son jambon finement tranché

cassolette de morilles

l'agneau du Sisteron en plat

le dessert

 Stéphane posant fièrement devant un Gevrey-Chambertin 1er cru Les Cazetiers 1955

Resumé:

Laurent: Une magnifique soirée et la sympathique présence de Lalou Bize et sa fille Perrine. Les millésimes présentés n’étaient certes pas les plus renommés, mais il a été très intéressant de voir l’évolution et le niveau de ces vins. Le résultat est convaincant. Le domaine Leroy est un très grand et selon le terroir, la maison Leroy (négoce) réussit aussi de très beaux vins. 

Christophe: Une belle soirée Lavinia avec la famille Leroy, certains rouges dont le 1955 ont été tout simplement exceptionnels, les blancs ne sont pas au même niveau à mon goût, mais cela fut instructif. Je vais continuer a surveiller de plus près les Corton Charlemagne ou le rapport qualité-prix est souvent très intéressant, à tout bientôt pour de nouvelles aventures bachiques.

Patrick: les rouges sont plus réussis que les blancs, en-tout-cas merci à Mme Lalou Bize Leroy pour cette découverte et sa présence qui a illuminé cette soirée.

Laurent et Lalou Bize-Leroy

écrit par | Publié dans: Dégustations et soirées thématiques | Mots clefs: ,

Commentaires

pas encore de commentaires.

Laissez un message

Gravatars sont autorisés. Inscrivez-vous gratuitement!