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26 avril 2010

Soirée Vega Sicilia à Lavinia

Soirée Vega Sicilia à LaviniaSoirée Vega Sicilia à Lavinia

Début des festivités à 19heures avec, en attendant les uns et les autres, la présence de Xavier Ausas, œnologue depuis plus de 20 ans de la prestigieuse Bodega Vega Sicilia à notre table. Le personnage frappe par son franc parlé et son honnêteté intellectuelle, même s’il reste un très bon vendeur de ses crus (à bon entendeur !). Laurent, Patrick et moi-même, sommes donc fin prêts ce jeudi 15 avril 2010 pour cette soirée qui se déroulera avec une présentation détaillée des particularités du terroir de Vega par Xavier Ausas, suivie de la dégustation proprement dite puis d’un repas fort sympathique.

Le vignoble de Vega se situe à 760 mètres d’altitude dans la Ribera del Duero avec une exposition plein nord et un domaine de 1000 hectares dont environ 240 de vignobles. Le cépage principal est le tempranillo, typiquement espagnol et autochtone, dont l’âge moyen est d’environ 35 ans et aucune vigne de moins de 10 ans n’est utilisée pour l’Unico. La sélection massale des cépages est poursuivie avec une agriculture raisonnée, sur une roche calcaire, le tout entouré d’une forêt de 500 hectares de pins qui fait office de tampon climatique, en régulant la chaleur et en restituant de la fraîcheur au domaine lors des journées très ensoleillées. Par ailleurs, le bas de la « colline » est planté de chênes et de noyers, peut-être pour produire dans plus de 40 ans, les bouchons « in house » de Vega Sicilia. La grande crainte pour Vega sont les gelées printanières qui peuvent fortement endommager le vignoble et détruire une récolte. Les exemples donnés par Xavier Ausas sont éclairants, entre 0 et -4 degrés la nuit en avril et octobre de certains millésimes… la contre partie peut-être des bénéfices d’un climat situé en altitude, dont le problème principal reste l’oïdium.

Le vignoble de Vega

Les vins de Vega sont des vins travaillés. Pas dans le mauvais sens du terme comme on pourrait le croire, mais dans un sens positif, ou l’intervention de l’homme, à partir d’un produit de base de qualité n’est là que pour « orienter » le vin, sans lui faire subir de transformations chimiques forcées. En effet, l’élevage par exemple, se fait en trois temps, avec un premier passage en foudre de chêne usagé de 20’000 litres, suivi d’une phase dite de « musculation » en barriques de chêne neuves et américaines pour se terminer à avec une « récupération » en grands tonneaux usagés à nouveau. Cette répartition tripartite de l’élevage va durer entre 6 et 9 ans avant la mise en bouteille et se retrouvera sur le marché des consommateurs au plus tôt 10 ans après la récolte. Tous les tests et analyses de laboratoire se font à Bordeaux, ou d’ailleurs Xavier Ausas a fait ses études œnologiques.

Xavier Ausas

Les Valbuna n° 5 (le 5 nous indique qu’il y a au minium 5 ans entre la récolte et la mise sur le marché. Il existe également un n° 3) nous sont présentés comme des vins « à part » et volontairement différent des Unico, et non pas comme les « seconds » vins de Vega. Leurs prix élevés, un peu moins de Euro 100.- tend selon Xavier Ausas, à justifier cette explication. Personnellement, et après les avoir dégustés, je considère quand même ces vins comme de « seconds vins » trop chers. L’assemblage et composé à 80 – 85% de Tempranillo et est complété par du Merlot. C’est le plus bordelais des vins de Vega. La production annuelle se situe autour de 200’000 flacons.
Valbuenas 5°

Vega Sicilia Valbuena 5° 2006

Barth: Issu d’une vendange austère et difficile, ce vin n’est pas encore commercialisé. Belle matière colorante, rubis intense, noirâtre au centre du verre et se présente avec un disque presque violacé. Le 1er nez est très puissant, trop jeune, fort, pas très agréable et qui dégage des arômes de purée de pomme de terre assez distincts. Le deuxième nez évolue, toujours en puissance, sur une muscade épicée et d’une verdure dure. La bouche se dote directement de tannins très présents et puissants, toujours fidèle aux pommes de terre et agréablement salé. La finale est très très longue, grâce au trop-plein d’alcool avec une douceur chocolaté. Le fût est excessivement présent, mais sans vulgarité. On considère ce vin comme faisant partie de notre « éducation » Vega Sicilianesque !
 

Laurent:  Le vin est encore en fût et ça se sent. Au début, je pensais avoir en face de moi le millésime 1986 et je n’osais pas goûter les suivants en pensant bien évidemment boire du jus de bois… En fait, nous avons commencé par le 2006 ! Nez alcooleux, crémeux et vanillé. La bouche est déséquilibrée, asséchante et boisée. Beaucoup de verdeur dans cette bouteille qui me laisse perplexe.

 Vega Sicilia Valbuena 5° 2006

Vega Sicilia Valbuena 5° 2000.

Barth: Millésime très médiocre dans le Duero mais excellent pour Vega grâce à l’altitude du domaine. Légèrement moins intense que le 2006, le liquide est rouge sang avec une belle clarté qui s’agrémente de fins et minimes reflets orangés. Le nez lacté et arrondi se pare d’un alcool déjà fondu et d’une touche de verdure. La simplicité du nez se modifiera, après une bonne aération et d’un réchauffement en verre pour finir sur une touche fumée et torréfiée tout en étant salé et non sucré. La bouche est acide, boisée et courte… trop courte. Un peu « léger » et décevant.

Laurent: Nous avons un nez effacé et peu exubérant. En bouche le bois est présent, mais relativement bien maitrisé. Un vin qui part plus sur l’acidité que le fruité. Il est pour moi quand même trop acide et surtout beaucoup trop court.

 Vega Sicilia Valbuena 5° 2000

Vega Sicilia Valbuena 5° 1998.

Barth: Récolte très très difficile. Les tannins ont longtemps été très mordants et le vin s’est calmé et relaxé qu’après quelques années en bouteilles. Légèrement trouble, le centre rubis foncé arbore de beaux reflets nettement orangés avec une certaine
faiblesse colorante. Le nez est déséquilibré car top alcooleux mais agréable grâce à une touche mentholée qui s’incarne en s’aérant pour finir sur des arômes tertiaires de sangs un peu piquants. La bouche est une bonne surprise avec un retour fruité et la disparition de la touche lactée si souvent typique des 100% tempranillo bon marché, L’astringence est fine et sensible. Sympa.

Laurent: Nez alcooleux, crémeux et vanillé. Il est intéressant de constater qu’au nez le boisé se fait très discret et que malgré la belle concentration de fruits, nous n’avons pas cette explosion de fruits rouges… En bouche le vin est un peu déséquilibré, un élevage qui me semble plus long que le 2000 (en fait, c’est le contraire !) ou en tout cas plus boisé. Est-ce dû à la chauffe ou à la barrique ? Je n’accroche toujours pas.

Vega Sicilia Valbuena 5° 1998

 Vega Sicilia Valbuena 5° 1986.

Barth: Malgré un joli noir au centre du verre, on perçoit le pied de ce dernier, le tout avec une belle dominante brique aux reflets cognac légers. Le nez est assez simple, mais intense, on y découvre de la crème, une légère torréfaction qui apparaît après une 15 de minutes, ainsi que de petits relents de sous-bois humide et champignonneux. La bouche est un peut « cuite » le maximum du potentiel de garde ayant été atteint, la finale est assez courte, l’astringence encore présente manque de finesse, le fruité est plat et agrémenté de balsamique. Je l’ai bien aimé malgré mes critiques.

Laurent: Le nez est madérisé, on sent la fatigue pointer son nez. La bouche est courte, le vin est complètement dilué. Il est cuit !

Vega Sicilia Valbuena 5° 1986

Après cette mise en bouche, nous attaquons les choses sérieuses avec la belle série des Vega Sicilia Unico qui ont cette particularité qui a, comme le mentionne Xavier Ausas, « des tannins présents non agressifs ! ». La phrase semble aller de soi, mais en y réfléchissant, il me semble qu’elle caractérise parfaitement ces vins. Entre 60’000 et 100’000 bouteilles d’Unico sont produites chaque année, et lorsque les conditions ne sont pas réunies d’un point de vue qualitatif, la cuvée est déclassée. Xavier Ausa a laissé échapper, que le fait de ne pas produire d’ « unico » une année, représente une perte d’environ 10 millions d’euros (ce qui est apparemment le cas en 2001) . Les Vega Sicilia Unico sont vendus à environ 65% en territoire ibérique et seulement 35% sont pour l’export. C’est du notamment au fait que leur système de vente favorise les clients fidèles en leur proposant chaque année l’équivalent de leur dernière commande, avec notamment une liste d’attente (environ 2 à 3 ans) sur laquelle tout un chacun peu s’inscrire. Par ailleurs, ce « droit » du client d’avoir chaque année son quota de bouteille est transmis de père en fils.

Vega Sicilia Unico 2002.

Barth: Il sera commercialisé en 2012 environ. Les quelques privilégiés présents ont ainsi pu avoir en « avant-première » un mythe à l’état de bébé. A la limite entre le pourpre et le rubis, l’intensité de la matière colorante étonne réellement. Je retrouve ces flaveurs étranges de purée de pommes de terre, ainsi que de la banane et du caramel. La complexité est toute relative et l’alcool bien présent. Le deuxième nez évolue sur des notes de cœur d’artichaut plaisantes. Je m’attendais à beaucoup plus d’astringence qui est en fait assez douce. Très très court, avec un fruité très peu présent et surtout, pas vraiment identifiable (cassis ? mures ?). Une belle acidité toutefois ainsi qu’une fraicheur latente. Grande précision. Une heure plus tard, je reviens et le nez a développé une belle complexité qui se décline sur des notes citronnées très agréables.
 

Laurent: Un vin encore en barrique. Le nez part sur les fruits rouges et la crème. En bouche, on sent que le vin est jeune, puissant et fougueux. On perçoit des fruits rouges et noirs même si ceux-ci sont très discrets. Etonnament je ne ressens pas trop l’élevage, le vin est quand même un peu court au moment de la dégustation. 

Vega Sicilia Unico 2002

Vega Sicilia Unico 1999.

Barth: Les vendanges ont débuté le 6 octobre et le 7 il se met à pleuvoir jusqu’au 25 ! Les vendanges recommencent alors le 1er novembre. A nouveau un cœur très dense, presque noir, avec une excellente cristallinité sur les bords du disque qui laisse apercevoir ses reflets orangés, plus rubis que pourpre. Le premier nez s’ouvre de manière assez prononcée sur des notes de tabac et de torréfactions, vraiment toute en finesse, assez alcooleux quand même, avec un fond de fruits noirs confits mais très très léger. Encore une petite touche de banane élégante, mais qui va disparaître rapidement. La bouche attaque finement et une astringence assez douce se fait sentir. La finale est très/trop courte. Là aussi, les fruits sont difficilement décelables. Petite déception.
 

Laurent: Un nez que je trouve neutre, une légère touche de café et de tabac blond. On sent que le vin est plus alcooleux que le précédent. Il a une bonne longueur et une belle finesse. Une fois encore je ne suis pas dérangé par le bois. Je le trouve quand même un peu trop alcooleux.

Vega Sicilia Unico 1999

Vega Sicilia Unico 1994.

Barth: Vendanges magnifiques et 99 points de monsieur Parker. A ce sujet, Xavier Ausas nous rappelle que les vins de Vega Sicilia Unico ne sont pas réellement au goût de monsieur Robert Parker, mais qu’il respecte le travail effectué, ceci expliquant leurs bonnes notes (!?!). Malgré la matière colorante très intense, je dénote une certaine « transparence » qui donne une impression de liquidité plus accrue. La robe orangée attaque en étoile et par pointe avec des reflets vraiment brique, le cœur du verre. Très joli. Toujours assez alcooleux, mais plus fondu dans la masse cette fois, on y sent des arômes tertiaires de gibier et de forêt… très différents d’un sous-bois, plutôt ce que l’on sentirait en marchant la tête entre les branches de conifères. Les fruits noirs sont présents dès la première bouche qui devient ample et large pour ne terminer que longtemps après. Belle persistance en finesse, qui contraste assez bizarrement avec ce nez dont l’alcool était si présent.
 

Laurent: Nez toujours aussi neutre, sans grande expression et qui démontre plus de présence alcooleuse que de fruité (je pense que cela doit être une caractéristique des Unicos jeunes). En bouche je retrouve cet élevage dur et qui assèche le palais. De plus, il est court et alcooleux. Aujourd’hui on ne peut pas dire qu’on y prenne du plaisir… 

Vega Sicilia Unico 1994

Vega Sicilia Unico 1982.

Barth: (Pour l’anecdote, ce vin est de une année mon aîné !) Très belle liquidité, presque limpide avec un orangé clair et unifié. Je décèle nettement des petites fraises au nez, encore jeune et étonnement vif malgré ses notes tertiaires, quelques fruits confits par-ci par-là. La bouche est magnifique, longue, en finesse, élégante et pointue, délicate et précise… J’ai le sentiment que le vin s’éteint une fois avalé… mais il revient en force quelques secondes après… grande nouveauté pour moi que cette petite mort momentanée. Sans avoir dégusté les suivants, je trouve que c’est le meilleur So Far…

Laurent: Enfin quelque chose d’intéressant. Le nez est plus abouti, un côté féminin qui se dégage et qui nous invite à tremper les lèvres dans ce liquide rouge-orangé. Des notes distinctes de fraises des bois nous enveloppent les narines. La bouche est toute en finesse avec un joli équilibre. On sent la présence d’une belle acidité, mais le vin est malheureusement un peu court. C’est un beau flacon qui me ravit, car je commençais à douter de la grandeur de ces vins ! Je tiens à préciser que je suis dur avec mes commentaires du fait que l’attente est énorme. N’oublions pas que le niveau est quand même élevé et que je suis convaincu qu’en règle générale il faut être patient, voire même très patient avec ce genre de vins…

 Vega Sicilia Unico 1982

Vega Sicilia Unico 1973.

Barth: Ici l’on sent que l’on commence les choses sérieuses. Très belle uniformité briquée, presque cognac avec un cœur encore rubis qui vire quand même sur une sorte de brun caramel. La complexité colorimétrique me plaît énormément. Festival de senteurs aériennes et fraîches, une lame de fond mentholée, avec une touche d’eucalyptus, de forêts de pins et de conifères, le tout avec d’extraordinaires touches de café arabica… étonnamment complexe. Un vrai plaisir. La phrase de Xavier Ausas me revient ici « l’acidité est notre passeport pour l’éternité ! ». Ce n’est pas un secret que la structure est maintenue par l’acidité, mais ici c’est une véritable leçon œnologique pour moi. L’équilibre est parfait, avec une touche de gourmandise toutefois grâce à une ampleur nouvelle qui disparaît toutefois assez rapidement. Des flaveurs de térébenthine avec une base de cèdres se développent ensuite. Vraiment excellent.

Laurent: On monte encore d’un cran avec ce millésime 73. On part sur un nez de crème et de fruits rouges. Des notes mentholées donnent de la fraîcheur à ce vin. La bouche démontre une finesse et une acidité magnifique, le vin a cette longueur qui faisait défaut aux précédents. On sent une jeunesse dans ce vin et un potentiel de garde encore évident. Excellent.

 Vega Sicilia Unico 1973

Vega Sicilia Unico 1965.

Barth: Un tuilé transparent et limpide aux reflets d’un café mal infusé, mais délicat qui vire sur l’ambre nous renvoie un festival de lumière chatoyante. Vraiment très beau à l’œil. Vif, jeune, avec une touche de poivron, le tout délicatement torréfié, un caramel à la fleur de sel et assez bizarrement une senteur que je qualifierais d’eau. Je trouve que ça sent l’eau non chlorée… Désolé, mais je n’ai rien trouvé de mieux et dans ce cas précis c’est un adjectif positif. D’une élégance rare, la bouche se révèle d’une longueur assez époustouflante, d’une complexité aromatique très riche et d’une acidité encore bien présente. Certains le trouvent déjà sur la pente descendante… je trouve au contraire qu’il est dans la force de l’âge. Peut-être que les arômes oxydatifs en ont repoussé certains.

Laurent: C’est une impression bizarre, le premier nez me semble vieux et terreux. Alors que je replonge mon nez dans le verre, une nouvelle sensation apparait, beaucoup plus jeune et fraiche ! C’est très bon et on sent une finesse perceptible dans ce vin. La bouche confirme les impressions olfactives, finesse hallucinante, longueur et acidité bien présentent, on a un vin d’une jeunesse redoutable. On a presque l’impression que le vin est trop jeune et qu’on devrait le mettre en carafe. Durant le reste de la soirée, il ne s’essoufflera jamais.

Vega Sicilia Unico 1965 Vega Sicilia Unico 1953.

Barth: Magnifique limpidité, robe ambrée, brillance incomparable, la vue du liquide nous redonne cette impression assez particulière d’être vivante et instable.. Le nez s’ouvre sur des levures agréables, tout en finesse, avec à nouveau une complexité qui se développe sur la forêt de pins, de menthol et d’eucalyptus. D’une élégance à couper le souffle. La prise en bouche est étonnante de finesse avec des tannins soyeux qui tiennent magnifiquement debout grâce à une acidité qui donne cette structure très fine. La longueur en bouche est réellement prodigieuse. Magnifique.
 

Laurent: La claque de la soirée (un peu comme la publicité d’internet by Orange…) Il me rappelle cette bouteille du Domaine Leroy 1955 dégustée quelque temps auparavant. Le nez est beau et relativement classique. La bouche est peut-être un peu courte au premier abord, mais elle cache en fait une finesse et une longueur bien maitrisée. La superbe acidité donne à ce vin une jeunesse déconcertante. On boit son verre goulûment et avec un plaisir sans partage. Je vais avoir la chance d’en boire trois verres durant la soirée et il  m’étonnera à chaque gorgée. A aucun moment on n’aura l’impression que le vin est fatigué. Impressionnant.

Vega Sicilia Unico 1953

A ce stade nous entamons le repas. Presque en silence. Avant de reprendre nos esprits, je comprends ce que veut dire « un vin intellectuel ». Effectivement, tout est dans la finesse, l’attente, la recherche et la compréhension. Un vin d’esthète, loin de toute vulgarité et dont l’élégance s’acquiert uniquement au fil des ans. Je crois sincèrement qu’il est inutile de vouloir ouvrir un Vega Sicilia Unico de moins de 25 ans.

Les deux premiers plats sont une St Jacques au pesto et les premières asperges de la saison et son croustillant de parmesan.

La St Jacques en entrée

Les premières asperges de la saison et son croustillant de parmesan

Vega Sicilia Valbuena 5° 2004.

Barth: Belle intensité chromatique, rubis avec un léger dégradé qui s’amenuise sans être encore orange. Une fois encore ces arômes de purée de pommes de terre, fin mais très intense, l’alcool n’est pas agressif et se présente de manière gourmande. L’attaque est tranchante, la bouche persiste en puissance et la finale est un peu courte. De loin mon préféré de Valbuena, alors qu’il était dur de se présenter après les Unico.

Laurent: Millésime hors-norme en Espagne et qui sublimera ce flacon. Enfin un Valbuena qui est au niveau. Un bel équilibre, de la suavité et un côté soyeux qui donne à ce vin de la finesse et de la classe. Le bois est fondu et maîtrisé. Je pense que ce millésime laissera dans le futur proche de grands plaisirs aux amateurs avertis !

Vega Sicilia Valbuena 5° 2004

On continue le repas avec un pavé de poisson et ses coeurs d’artichauts. Suivront un magnifique morceau de cochon et son mille-feuille d’aubergine.

un délicieux morceau de poisson

un magnifique morceau de cochon

Magnum de Vega Sicilia Unico 1995.

Barth: Beau rubis intense, reflets aux nuances marrons. Le nez se développe lentement sur le menthol, le pin et cette finesse aérienne caractéristique. Contrairement aux autres unico, une petite et délicate pique vient chatouiller les narines. Une acidité présente structure initialement le tout avant de presque s’effondrer complètement (pourtant c’est un magnum !). L’astringence est tout en finesse et se finit avec une belle présence de noisettes en bouche. De loin pas le plus fin des Unico mais vraiment très plaisant.

Laurent: Comme toujours ce module en jette. Seulement 2’247 magnums produits cette année-là. Malheureusement, celui-ci n’est de loin pas au niveau des bouteilles précédentes. Pour une fois le boisé est bien présent au nez ! Un côté métallique et mentholé ferme cette sensation olfactive. En bouche nous avons un manque criant de fruits ce qui est dommageable d’autant plus que le vin est riche en alcool et que l’acidité montre des signes de faiblesse en fin de bouche. On retrouve ce côté métallique qu’on avait au nez. Je dois avouer que je ne sais pas trop que penser de cette bouteille et de ce millésime. Sûrement énorme dans 40 ans 🙂

Magnum de Vega Sicilia Unico 1995

Vega Sicilia Especial 1990,1994 et 1996

Barth: Rubis intense au centre, qui s’étiole sur une légère brique sur une magnifique liquidité. Très fin, le nez développe une touche « lactée » agréable de tempranillo, frais et vif, se développe sur quelque chose de plus rond, ample, voir gras au fur et à mesure qu’on l’aère. Assez paradoxalement (noté avant que l’on m’indique de quoi il s’agit), je trouve que ça n’a ni la finesse élégante des Unico, ni la « vulgarité » des Valbuena… Je suis un peu perplexe en me demandant ce qu’ils ont bien pu nous servir. Je n’arrive pas à identifier les fruits noirs, pourtant plus présents… Un petit peu froid peut-être. Malgré ce caractère hétéroclite, je trouve ce vin excellent et intemporel.

Laurent: Je dois avouer que je ne me suis pas trop attardé sur ce vin, plus préoccupé de regoûter les vieux millésimes. Il faut quand même admettre que nous avons un nez rond, ample et chaleureux. Nous avons une présence lactée suivie de fruits noirs et de vanille. La bouche est plus basée sur l’extraction que la puissance, il y a une certaine finesse dans ce monstre endormi. La bouche est grasse et ronde. On retrouve les arômes de fruits noirs et un équilibre très intéressant. C’est très bon.

Vega Sicilia Especial 1990,1994 et 1996

Pour terminer ce somptueux repas, nous attaquons un excellent dessert.

le dessert

Concernant le service de Vega Sicilia Unico, Xavier Ausas recommande de ne pas les décanter, car, je cite : « avec la décantation tu peux perdre ce que jamais tu vas récupérer ! » . Il faut servir avec un agneau nourri au lait par sa mère entre 4 et 6 kilos, simplement couper en 4 morceaux et glisser le tout dans le four avec un assaisonnement léger.

Un grand merci à Stéphane et son équipe pour cette nouvelle magnifique soirée. A refaire.

P.S : Pour l’anecdote, j’ai pris avec moi quelques bouteilles vides d’Unico – pour pouvoir dire que je les avais bues (les 1953, 1973, 1982 et le magnum de 1995) et lorsque je suis rentré chez moi, vers minuit, je me suis aperçu qu’il restait en tout cas un beau verre dans le Magnum. Je le sers et vais lever mon amie endormie dans le lit pour le lui faire déguster, sans mettre la lumière… Elle l’a trouvé excellent !

écrit par | Publié dans: Dégustations et soirées thématiques | Mots clefs:

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