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21 juillet 2010

Soirée Bandol et environs

Soirée Bandol et environsSoirée Bandol et environs

Une fois n’est pas coutume 🙂 Carmen & Laurent ont eu la gentillesse d’organiser une magnifique soirée ce samedi 10 juillet. Annoncée de longue date,  elle tournera autour du thème rare et improbable des vieux Bandols. Région chérie des fins amateurs de vin, dont son plus fervent défendeur: Kermit Lynch. Bon nombre de bouteilles ouvertes ce soir-là ont d’ailleurs été rapatriées des USA spécialement pour cette soirée. Un petit mot encore sur la cuisine avant d’entrer dans le vif du sujet: nos hôtes, et cela se comprend, avaient organisés la venue d’un chef, un vrai, qui cuisina toute la soirée avec maestro pour le plus grand plaisir de nos papilles ! Moultes entrées, une viande de veau parfaite, un dessert à tomber par terre… que du plaisir ! Et avec tous les convives à table plutôt qu’à faire les allers-retours entre la table et la cuisine. A refaire donc ! Etaient donc présents pour cette délicieuse soirée, Carmen, Laurent, Bruno, Filip, Emilio, Benito, Graziella, Vittorio, Patrick et moi-même. Revenu spécialement du Priorat pour cette soirée, je puis confirmer qu’elle valait le détour ! 

Depuis toujours sceptique sur les rosés en général, scepticisme partagé d’ailleurs par Filip; peut-être par manque de belles et bonnes rencontres; nous attaquons d’entrée de jeu avec : deux bouteilles de rosé Les Idées Heureuses 2008, J-C. Comor (Côteaux Varois) Couleur uniforme, rosé assez claire, limpide et doté d’une belle liquidité. Le premier nez est quelque peu aqueux, avec une bouche herbacée particulière que je n’identifie pas… peut-être un peu fermé, si ce n’est un manque cruel d’intensité aromatique.. Servi très frais, je décèle un faible déséquilibre au niveau de l’acidité et une bouche assez faible au final. Reste très rafraichissant et relativement sympathique. Un verre, pas deux. Rosé Les Idées Heureuses 2008  Toujours aussi sceptique, la suite me déçoit superbement en bien…. On attaque par un excellent et rafraichissant amuse-bouche (je me souviens plus des détails…). première mise en bouche Rosé Cuvée Cimay 2007 du Château Saint-Anne 2007 (Bandol)  Beaux reflets cristallin, intense au centre, ce rosé opale se désagrège finement en crescendos dorés radialement vers le disque. Très agréable à l’œil, le nez est étonnant d’intensité avec toute une gamme épicée, fin, du poivre blanc à la cannelle, du gingembre à l’épluchure d’une petite pomme verte dont le nom m’échappe. Etonnant, j’en reste sidéré. La bouche est bien faite, longue, bien équilibrée et dotée d’une acidité maîtrisée qui rend le tout si frais et si agréable. Fidèle en bouche, la finale mentholée me laisse perplexe. J’adore.  Rosé Cuvée Cimay 2007 du Château Saint-Anne 2007 On continue les plats avec un carpaccio de saumon qui se rapproche d'ailleurs plus d'un sashimi. Encore une fois très frais et d'une belle qualité.  plateau de saumon en sashimis Tuilé de Saint-Jeannet 2008, Famille Rasse (Vins de Pays des collines de la Côte d'Azur) D’un rose brique élégant, le liquide se pare d’une multitude de reflets à mi-chemin entre l’argenté et le doré… Très beau, on retrouve la même base épicée que pour le Château Saint-Anne, en plus fin et plus ciselé, avec une touche de caramel au lait délicat et une rondeur apportée par de la cire d’abeille légèrement chauffée. Après une attaque toute en finesse, le milieu de bouche s’ouvre en catimini, lentement mais sûrement, allant crescendo, avec une belle acidité proche des vins jaunes d’ailleurs. La noix verte et le nez légèrement oxydés sont incroyables. Excellent.  Tuilé de Saint-Jeannet 2008, Famille Rasse On continue la farandole des plats avec un rouget au poivre noir qui en étonnera plus d'un ! le rouget au poivre noir et on continue sous la tempête 🙂 avec un carpaccio de St Jacques aux baies roses et son filet de vinaigre balsamique. Après 15 minutes la pluie s arrête, à notre grand bonheur, de tomber et on doit bien avouer que cette averse aura rafraichit l'assemblée ! Carpaccio de St jaques aux baies rose Domaine de Pibarnon 1983 (Bandol) Rouge limpide, de couleur sang, avec une robe plus claire virant sur des reflets brique. Le nez s’ouvre sur des notes de champignons et un vaste sous-bois délicat. Une touche délicate de mousse verte légèrement humide et un côté fruité sur la mûre très mure en deuxième nez. Une première attaque assez douce, suivie d’une salinité agréable qui m’étonne. L’acidité perdure en bouche mets en exergue une matière sublime, d’une trame très très fine… et le vent se meurt lentement, très lentement, et en finesse jusqu’à disparaître complètement après de longues secondes. Magnifique. Domaine de Pibarnon 1983 Domaine de Pibarnon 1985 (Bandol) Même vin à deux années de différence. La couleur et beaucoup plus intense, presque noire. On y retrouve la base au nez avec une déclinaison intense et complexe d’un sous-bois oublié… un petit peu de verdure en plus. La langue reconnaît une certaine douceur, longue et fine, qui à nouveau s’épanouit en dentelle. La structure tannique est beaucoup plus présente que le 83 et quelque peu asséchante… Alors qu’au nez la tablée semblait le préférer, l’avis général est ensuite revenu à la bouteille précédente. Peut-être à cause de ces tannins un petit peu plus « vulgaires ». Domaine de Pibarnon 1985 On finit les entrées avec des brochettes de thon rouge marinées au citron confit. Brochette de thon rouge mariné au citron confit Château Pradeaux 1966 (Bandol) Un léger trouble dans la bouteille malgré une couleur pourpre bien homogène et intense. La gamme colorimétrique est un peu plate et les reflets éteints sur un orangé tuile. Le nez propose de la poussière de pierre sèche, type calcaire légèrement moisi, suivi d’un nez finement réduit qui se termine sur de l’écorce de cèdre. La complexité aromatique grandissante est étonnante pour exploser en milieu de bouche, même si la structure tannique fine ne tient pas le coup. Ce vin ne fait pas l’unanimité… un peu fatigué mais intéressant. Château Pradeaux 1966 On continue avec le Carré de veau servi rosé et son jus corsé aux olives Taggiaches. Carré de Veau servie rosé, jus corsé aux olives Taggiaches Magnum La Migoua 1979 du Domaine Tempier (Bandol) Couleur intense sur une belle base liquide dont les reflets n’annoncent nullement une évolution précoce. Le pourpre du fluide reste étonnamment jeune. Une fraîcheur conifère magnifique, aérienne, est suivie de quelques effluves de champignons et d’une touche résineuse très agréable. La fin sur la cire d’abeille est d’une complexité extraordinaire. La bouche est parfaite. Equilibre parfait, très bien fait, frais et structuré, revient longuement dans une myriade d’arômes évolués en pleine apogée. Peut-être la meilleure bouteille de la soirée. Magnum La Migoua 1979 du Domaine Tempier Cabassaou 1988 du Domaine Tempier (Bandol) Noir au centre, d’une belle intensité presque noirâtre au centre. On sent la droite lignée qui s’établit depuis le 79… s’ouvre lentement. La jeunesse du vin se sent… plus fort et costaud que le 79, la finesse n’en est pas moins de mise, avec des arômes tertiaires sublime. Grand. Cabassaou 1988 du Domaine Tempier Cabassaou 1990 du Domaine Tempier (Bandol) Belle robe pourpre à nouveau, avec un disque quelque peu violacé. D’une richesse exemplaire, des notes florales se laissent percevoir, sur une petite pluie de violette avant d’évoluer sur de la peau d’aubergine (sic), de la silice. Presque un peu trop jeune… vivant et vivace, il s’épanouit en bouche avec une explosion de tabac brun mouillé sur une trame serrée. Une odeur de purin me reste un peu en travers… j’ai tenté de faire passer mon verre pour avoir une sorte de confirmation… un peu d’écurie confirmée par Laurent et Bruno… Je ne sais pas. Très très bien.  Cabassaou 1990 du Domaine Tempier La Migoua 1991 du Domaine Tempier (Bandol) Rouge intense doté d’une fine évolution orangée sur les bords du disque. Le liquide est beau et réfléchis magnifiquement la lumière. Le nez net, passe sur les pruneaux d’Agen avant de s’ouvrir sur des arômes tertiaires et sanguins tout en finesse, suivi d’une expression florale distinguée et paradoxale. La bouche est très courte; trop en fait; et la fidélité relative en bouche se laisse vite distancer… Un peu décevant par son manque d’intensité, ses tannins trop effacés et non fondus. Aucune incisivité… La Migoua 1991 du Domaine Tempier  La Tourtine 1991 du Domaine Tempier (Bandol) Légère évolution sur les reflets de ce pourpre très intense, un peu aqueux… descendrions-nous en qualité ? Même millésime pour une autre cuvée… j’ai peur ! Le nez est tellement intense, tellement fin et ciselé, sur une panoplie sans fin d’arômes tertiaires, d’épices, de cuir et de sang… il ne lui manque rien ! La bouche se réveil en douceur, une montée progressive et élégante pour ne jamais se finir, d’une longueur prodigieuse… relevée par une amertume maîtrisée en fin de bouche, le tout sur fond de fraise Marat… Les yeux fermés, je serais presque sur une côte-rôtie improbable de par sa finesse… Le nez le plus incroyable qui soit. Sublime.  La Tourtine 1991 du Domaine Tempier On arrive enfin à la tarte fine au Brin d’Amour Brebis Corse aux herbes du maquis servi coulant sur une salade de jeunes pousses et du vieux balsamique. Très bien Tarte fine au Brin d’Amour Brebis Corse aux herbes du maquis servi coulants sur une salade de jeune pousses et du vieux balsamique Les Baux 1987 Domaine de Trevallon Le disque limpide s’étiole sur une belle intensité centrale, mais sans excès. Un nez de petite verdure laisse échapper de belles notes de rhubarbe mure, mais fraîche avant de s’épanouir sur un mentholé improbable. L’attaque fine s’arrête vite malgré un début prometteur sur les baies rouges. Les tannins présents sont fins et soutiennent l’arrière-plan avec maestro. Il s’ouvre ensuite et montre une complexité aromatique magnifique et une présence amplifiée de la fraise. Un vin d’une belle intelligence.  Les Baux 1987 Domaine de Trevallon Les Baux 1989 Domaine de Trevallon A l’œil il ne m’est pas possible de distinguer le 89 à son cadet. Le nez intense, frais et fruité possède une complexité supplémentaire avec une fine touche salée suivie de flaveurs magnifiques de charbons pour finir sur le noyau de cerise et le bois de santal. Très très beau. La structure générale est un peu plus austère malgré une trame fine, mais sans longueur… Les tannins plus serrés et plus incisifs sont un peu secs. Un peu court. (Je suis dur il me semble !)  Les Baux 1989 Domaine de Trevallon Cuvée Rancio 2000, Famille Rasse (Vins de Pays des collines de la Côte d'Azur) Belle couleur caramel au lait, ambrée dans ses reflets, le liquide est d’une belle densité et se pare de reflets argentés scintillants. Le nez oxydatif intense est très original, crémeux et très complexe. La pomme verte et la noix sont de la partie. En bouche, une sorte de douceur acide géniale se crée comme par magie, le tout, une fois avalé, se complexifie encore en finesse… proche d’un vin jaune, il arbore des épices supplémentaires et du gingembre, de la cannelle… le tout en équilibre. Une magnifique découverte ! Cuvée Rancio 2000 de la Famille Rasse    On finit le repas avec un croquant de Sésame grillé aux fraises Maras des bois sur une compotée de rhubarbe et sorbet yaourt. Croquant de Sésame grillé aux fraises Mara des bois sur une compotée de rhubarbe et sorbet yaourt Il est temps de sortir les cigares pour une partie de la table et discuter de vins avant de refaire le monde 🙂 Madeira Centenary Solera 1845 Bual, Cossart, Gordon & Co (Solera de 1845 à 1945. Merci Laurent pour les explications) Brun noir intense, la couleur évoque le sang séché et coagulé… reflets rouillés intense, très beau. Le nez trop alcooleux me gêne un peu au début… J’y reviens, oubliant le picotement généré par le haut degré alcoolémique, pour déceler un monstre de complexité, qui allie à merveille des senteurs impossible… goudron, roses blanches, petit lait, épices d’orient… Long, très long, d’une belle chaleur en bouche qui explose littéralement, distillant ses arômes tertiaires évolués et oxydés, le tout survolé d’une touche de vanille bourbon flambée… vraiment magnifique. Merci Laurent. Madeira Centenary Solera 1845 Bual de Cossart Gordon & Co  Para liqueur vintage 1933 de Seppelt & Sons (Australie)   Brun foncé, énormément de dépôt, uniforme et sans brillance. Reflets de caramel très cuits. Nez simple, mais efficace, richesse alcoolique, un petit peu plat mais très intéressant. La bouche s’offre gourmande, très douce et sucrée, dégage une certaine suavité relevée par une légère impression saline. J’aime bien… il était difficile de se présenter après la solera 1845 !  Para liqueur vintage 1933 de Seppelt & Sons Whisky Port Ellen, 2ème embouteillage, Single Malt, Isle of Islay, 1979, bt n° 4165  D’un jaune d’or étonnant, les reflets caramel n’enlèvent rien à la limpidité et à la magnifique transparence du liquide. La toute-puissance de ce whisky m’étonne, mais se laisse apprivoiser sur une belle gamme de poires Williams. Fortement iodé, il reste très plaisant. La bouche fine et ciselée reste très fraîche et verte… la fin de bouche m’évoque une confiture d’abricots…  Whisky Port Ellen 2ème embouteillage Single Malt 1979 bt n° 4165 Château Rieussec 1966, Sauternes Ambre magnifique, reflets dorés qui scintillent superbement. Le nez est vif, intense, frais, sur des notes d’agrumes avec une présence très subtile de pamplemousse rosé, d’orange, de citron vert et de litchi. Le deuxième nez apporte ensuite son lot de mangue et d’acacias… d’une richesse extraordinaire… La bouche explose, fidèle au nez, sur un miel mille fleurs… le seul regret est la relative disparition rapide en bouche. Un tout petit peu court. Grandiose.  Sauternes Château Rieussec 1966 On attaque un plateau de fromages, car on commence à avoir faim après ces bonnes bouteilles. Pour l'occasion il va falloir ouvrir un grand vin pour finir la soirée en beauté… Vin Jaune Arbois Pupillin 1989 de Pierre Overnoy Légèrement trouble, le liquide ambré se pare d’une très belle robe dorée foncée. Le nez magnifique s’ouvre sur du pain frais, suivi d’une noix verte d’une intensité remarquable, le tout sur une fraîcheur magistrale due à une écorce de pomme verte frottée et mouillée…. Les arômes de noisettes et de basilic sont plus subtils et m’étonnent. La bouche est indescriptible… longue, fraîche, acidité parfaite, riche, miel, sel floral… Dure des heures !  Un vin extraordinaire. Vin Jaune Arbois Pupillin 1989 de Pierre Overnoy La soirée se termine, malheureusement, conscient de la rare chance d’avoir pu déguster tous ces vins magnifiques, avec l’agréable constat qu’aucune bouteille n’a déçu et que tous les bouchons ont tenus l’épreuve du temps. les bouteilles de la soirée A refaire donc… Une fois de plus, mes remerciements vont à toute cette équipe de têtes brûlées pour qui la vie ne serait rien sans le partage et le vin. Après une soirée comme celle-ci, je crois que cela peut se concevoir.

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