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14 novembre 2010

week-end à la Perla del Priorat (Espagne)

week-end à la Perla del Priorat (Espagne)week-end à la Perla del Priorat (Espagne)

Un week-end prolongé chez mon ami Barth qui a repris la direction du domaine de La Perla del Priorat en Espagne (22-24 octobre 2010). Nous arrivons le vendredi midi à l’aéroport. Une fois dans la voiture, on se dirige vers un restaurant de la région pour y manger une énorme entrecôte (au moins 500 grammes) et goûter un ou deux vins de la région. De plus le propriétaire et un amoureux de whisky et on finira avec un verre de Glenfarclas distillé en 1990 et un Glenrothes 1987. Certes nous ne sommes pas au niveau de mon ami Patrick, mais les deux verres étaient convenables pour réveiller nos papilles avant d’attaquer notre visite d’un producteur local de cava.

Visite du Mas Bertran et de sa production familiale. La qualité du produit est très bonne et ils essaient de produire un « cava » nature, à l’ancienne et surtout sans rajout de liqueur. Le cava est une sorte de champagne  produit avec des cépages locaux.

Ils produisent deux cuvées, la première est le Balma (cépage de Parellada, Macabeo et Xarel-lo) dont la production atteint 30’000 bouteilles. La deuxième qui est plus confidentielle est l’Argila (cépage 100% Xarel-lo). Ce dernier  est composé de vieilles vignes de +60 ans et ce sur 2 hectares. La production atteint +/- 20 hectos/hectare ce qui n’est pas énorme pour du champagne ! La production atteint 5’000 bouteilles !

Dégustation du Balma 2006

Nez d’amande, de pomme et de crème. C’est frais et très plaisant malgré des bulles un peu trop présentes à mon goût. On retrouve une certaine amertume et une acidité bien présente. Bon

puis vient ensuite l’Argila 2006

Nez pâtissier et d’amande. Il démontre une plus grande complexité et plus de finesse. La bouche part aussi sur l’amertume avec une acidité extrême. Il y a en fin de bouche de la pomme acidulée. C’est très bon et très frais. C’est un style bien particulier et cela ne ressemble pas aux champagnes, mais il y a un potentiel énorme sur cette bouteille. Très bon

Après cette jolie visite et un accueil très sympathique de la patronne, on se dirige maintenant dans le Priorat et le Mas dels Frares dont fait partie la Perla del Priorat.

Petite dégustation de deux bouteilles du Priorat qu’on a pris dans la cave privée du Domaine. La première n’a pas d’étiquette. Au nez ça sent la groseille et le vinaigre… en bouche c’est plat et sans alcool ! On ouvre alors une deuxième bouteille. Masia Barril 1992 (2513 bouteilles produites ou la 2513ème ?) Au nez et en bouche, c’est le néant… Il est temps d’aller manger.

Repas au restaurant El Celler de l’Aspic. Une carte des vins assez incroyable pour la région avec une quantité de vins allemands assez impressionnante… Comme mon ami Barth et son amie Emilie ne boivent que du Priorat, on décide de partir sur des vins français.

Puligny-Montrachet 1er cru Les Folatières 1997 du Domaine Leflaive.

Nez toasté, beurré avec des arômes de sapin/résineux et d’herbes aromatiques. La bouche est splendide avec toujours ce côté beurré. C’est long, rond, gracieux et tout en finesse. Cette bouteille est excellente et ceci malgré une année peu réputée… comme quoi il faut goûter les vins comme dirait mon ami Fabrizio.

Volnay Taillepieds 2004 d’Hubert de Montille

Nez de cassis, de sous-bois et de poivre rose après trente minutes d’ouverture. On sent beaucoup de finesse. Ça se confirme en bouche avec une superbe matière, de la longueur et une belle acidité serrée. C’est suave, exubérant et finalement excellent. On sentira quand même un peu de verdeur en fin de bouteille, mais Dieu que ce fût bon…

Volnay 1er cru 2001 du Domaine d’Angerville

Nez de savon. Problème technique à mon avis.  En bouche ce n’est pas bon. La structure du vin ne ressemble pas à la bouteille que j’avais déjà dégustée auparavant et je demande de revoir la bouteille, car je doute que ce soit en plus bien un Clos des Ducs… En effet il y a bien un sigle avec Clos des Ducs sur le côté, mais en fin de compte celle-ci n’était qu’un 1er cru 🙂 De toute façon, cette bouteille devait avoir un problème… 

Le sommelier repart avec la bouteille et après un moment revient triomphalement avec un flacon de Clos des Ducs ! Il me dit tout fier que c’est leur dernière.

Volnay 1er cru Monopole Clos des Ducs 2001 du Domaine d’Angerville

Couleur beaucoup plus vive et jeune que le Montille 2004 qui était plus évolué malgré 3 ans de plus. Nez calcaire, ciselé et d’une grande pureté. En bouche c’est strict, pur, précis et fruité. Il a une belle longueur et une trame serrée. Nous avons à faire à un gentleman ! Pour moi cette bouteille est magnifique et ma préférée de la soirée…. Pour Barth ça sera celle de Montille…

Nous arrivons au dessert et là on décide de prendre quelques vins au verre (les prix sont entre 4 et 7 euros)

Je vois qu’ils ont un château Rieussec 2002 et je demande depuis quand la bouteille est ouverte et là surprise… le serveur me dit sans sourciller: environ deux mois ! Je n’y crois pas et redemande… toujours la même réponse. Quand on pense qu’en Suisse ou en France on nous aurait simplement mentionné que le vin a été bien évidemment ouvert le matin même ! Je commande donc un verre par curiosité. Je sais que les sauternes peuvent tenir longtemps, mais deux mois…. Nez d’ananas et de litchi. La bouche est exubérante, sucrée et écoeurante. Le vin a sûrement perdu de sa qualité, mais il faut reconnaître qu’il aurait été difficile de savoir que cette bouteille avait été ouverte depuis si longtemps.

Olivares 2003 de Jumilla. Nez de confit de tomate séchée. La bouche est confiturée, classique et asséchante. Un peu surfait…

Lo Givot Priorat 2007. Nez de moût de raisin et de griotte confite en rétro-olfaction. C’est subtil en comparaison du vin précédant. La bouche est toute en finesse, sans maquillage et c’est bien équilibré. J’adore. Superbe !

Eiswein Kracher 2008 (Autriche). Nez d’ananas et de miel au thym. La bouche continue sur le miel et le sucré. Heureusement le vin a de la tension et de l’acidité, ce qui évite une lourdeur toujours ennuyeuse. Très bon.

Dolç d’Orto blanc 2009. 100% de grenache blanc pour ce vin liquoreux. Nez de fruits confits et d’abricot. On retrouve aussi un peu d’amertume et de la fraîcheur. En bouche c’est moins intéressant et l’abricot est un peu trop présent. Il y aussi un manque évident de finesse.

On paie et on rentre au Mas. Une fois sur place on allume un bon cigare Nicaraguien et une bouteille de Macvin Vichot-Girod années 1950-60. Un nez aphrodisiaque de gingembre et de caramel. La bouche est magnifique avec beaucoup de finesse et de délicatesse. Je trouve cette bouteille magnifique, car on a une certaine harmonie et pas d’excès d’alcool. De plus, cet arôme de gingembre est fort sympathique. Probablement un des plus beaux Macvins que j’aie pu goûter à ce jour.

Le lendemain, visite chez Philippe, un ami à Barth qui distille pour René Barbier entre autre. On va faire une dégustation de distillat de vins pas encore sur le marché puisqu’ils sont en phase de test et d’élaboration.

La visite et les explications sont très intéressantes. On en profitera pour goûter des distillats de Clos Magador de différentes récoltes, d’Espectacle de Montsant  de 2008 et 2009 et un autre regroupant deux ou trois autres domaines. Le résultat est excellent même si je ne suis pas un spécialiste des alcools forts. Pour donner une idée, le Spectacle 2009 avait un nez d’agrumes. La bouche était ronde, complexe avec des arômes de peau d’orange. C’était très bon est meilleur que le 2008 qui était moins complexe.

Une fois de retour au Mas, on va se dégourdir les jambes en se faisant une promenade dans les vignes du domaine pour mieux s’imprégner du lieu et de son histoire (que je vous laisserai aller lire sur leur site internet). On va en profiter pour voir un olivier plus que centenaire et qui fait partie du patrimoine local. Il est d’ailleurs en plein milieux des vignes.

Il est temps après cette promenade de faire une petite verticale du Comte de Pirenne.

Comte Pirenne 2005. Le nez n’est pas très précis. On a l’impression d’avoir un « douanier de l’Allemagne de l’Est qui collectionne les cartes postales en noir et blanc » (phrase d’Yves Pirenne). C’est ennuyeux… La bouche est peu expressive et astringente. mais avec quand même un certain corps et une belle longueur.

Comte Pirenne 2004. Nez pas très précis et discret. La bouche est remplie par la cerise cuite. Légèrement asséchant, mais pas désagréable. Une belle bouteille.

Comte Pirenne 2000. Le nez n’est pas précis et part sur les brocolis et les légumes. La bouche est stricte, asséchante et astringente.

Clos les Fîtes blanc 2006. Cépage de Pedro Ximenez. Le nez est fruité. La bouche est boisée avec de l’agrume et une certaine amertume. C’est bon, mais je trouve que c’est un peu lourd et que ça manque de tension.

Nous allons finir notre petit week-end en Catalogne avec son fameux rallye et le virage en épingle del Molar !!! Connu dans toute l’Espagne, une foule compacte se retrouve là pour admirer les fous du volant, dont le nouveau champion du monde Sébastien Loeb ! On en profite pour monter un petit stand et faire découvrir le domaine aux gens du coin et aux touristes (nombreux d’ailleurs) de passage. On réussira un véritable tour de force en vendant au moins 400% de plus que l’année précédente 🙂

Notre visite prend fin avec un dernier cigare et un reste de vin rouge….

écrit par | Publié dans: Voyages Dyonisiaques | Mots clefs: , , , , ,

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