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26 mars 2011

Dîner vieux millésimes au Chat Botté

Dîner vieux millésimes au Chat BottéDîner vieux millésimes au Chat Botté

Nous voici ce mardi 15 février 2011 au restaurant le Chat Botté pour une soirée de vieux millésimes avec comme maître de cérémonie: Laurent Vialette. Les vins seront proposés à l’aveugle et l’exercice sera d’ailleurs bien laborieux pour en retrouver les origines ! Une soirée attendue avec impatience puisque là nous avons affaire à des professionnels aguerris. Néanmoins, je dois dire que plusieurs détails m’ont intrigué lors de cette soirée (je reviendrais sur ceux-ci en fin de reportage). Une dizaine de convives étaient là. Patrick et Philippe seront d’ailleurs aussi de la partie.

On commence la soirée avec un magnum de champagne Louis Roeder brut 1973

Le premier nez est très pâtissier et on imagine une bonne brioche chaude. Le vin a une légère oxydation et il y a un peu de pomme blette. Avec un peu d’aération, on a un joli nez de chanterelles et de bolets. En bouche les bulles sont encore bien présentes et il y a une belle acidité. Certes nous n’avons pas une longueur extraordinaire, mais le champagne est relativement plaisant. Il s’améliore d’ailleurs avec le temps. On retrouve ce côté brioché ainsi que de la minéralité et de la craie. Bon

Château Figeac 1978                                                                                                                                       

Nez animal, de cuir, de sous-bois, de sapin et de poivron. En bouche c’est très beau et on repart sur le poivron rouge et le côté animal. Un vin tertiaire et légèrement herbacé. Un bordeaux comme on les aime. Très beau et probablement le vin de la soirée.

Châteauneuf-du-Pape Domaine de Cabrières 1978

Nez floral et vif. La bouche montre une belle fraîcheur, mais aussi un peu trop d’amertume. Est-ce que le travail a été fait en sous-maturité ? Je trouve qu’il a trop d’acidité en fin de bouche. Il me rappelle un Cabrière 1967 ouvert chez Pierre Overnoy. Je le trouve un peu décevant.

Ces deux vins accompagneront d’ailleurs le foie gras de canard des Landes troussé et poêlé en tranche épaisse, olives noires confites.

Château Laville Haut-Brion 1993

Nous sommes sur un blanc 100% Sémillon. Nez d’ananas très mûr, miel d’acacias et même vanille et noix de coco ! La bouche est un peu réduite et la laine mouillée me dérange.

Château Pape Clément blanc 1973

Un vin issu du sauvignon et semblerait-il rare à trouver. Nez de pêche, de pétrole et avec des notes métalliques. Légèrement acétique une fois le verre vide. La bouche est d’une belle fraîcheur et tiens relativement bien son âge. Une belle découverte. Je me suis trompé sur les deux vins en partant sur la Loire (je sais…)

Avec les deux vins, on mangera des noix de saint-jacques d’Erquy cuites à blanc écrasée et espuma de Belle de Fontenay à la truffe noire.

Lors du service du vin suivant (si je ne me trompe pas), celui-ci avait été mis en carafe, mais la vraie… celle avec le bout en étain  et qui est absolument à déconseiller ! En effet le métal altère le goût et le vieillit prématurément (pas forcément ce qu’on recherche dans notre cas…)

Château Carbonnieux blanc 1975

Nez citronné, pétrolé, floral et d’une belle fraîcheur. Il est d’ailleurs étonnant de voir la différence olfactive entre ces trois blancs bordelais. La bouche est un peu liégeuse au départ. Le vin a aussi une forte amertume. Le tout va s’estomper avec le temps et il sera bien meilleur après un moment dans le verre. Une belle longueur pour un bon vin.

Chablis du Domaine Laroche 1975

Nez de marc. Au départ je partais sur un chenin (eh oui encore) ou à un vieux champagne oxydé. La bouche est oxydée et il faut avouer qu’avec le temps ce vin nous fatigue. Le seul point positif et qu’il se mariait bien avec le plat…

Avec les deux vins : une excellente sole d’île d’Yeu aux coques et couteaux spaghetti maison à l’encre de seiche

Le temps est venu d’attaquer maintenant les deux plus vieux vins et là surprise et effarement… Les sommeliers ont mis en carafes les deux bouteilles ! A ce moment il faut avouer que notre organisateur était relativement pâle…

Romanée Saint-Vivant Antonin Rodet 1943

Nez de sous-bois, de  réglise, d’iode et de fumé. La bouche n’est pas nette. Légèrement liégeuse. On part sur un vin acide avec des arômes de sapin et métallique.

Château Léoville Las Cases 1928

Nez de moka, de café, de guimauve, de violette, d’encens et de menthol. La bouche est très belle et d’une grande amplitude. L’attaque est franche, soyeuse et d’une fraîcheur étonnante au vu de l’âge de la bouteille. Il y a une belle acidité et un beau cuir de Russie. Un très beau flacon même si quelques voix ont goûté plus grand dans cette année. Pour moi c’est déjà excellent.

Avec ces deux vieux vins : Agneau de lait des Pyrénées rôti et confit au citron vert espuma et fritot de polenta.

Le gros problème de la soirée… Que mettre avec le Brillat Savarin à la truffe (extraordinaire d’ailleurs en passant). Laurent a décidé de mettre un vin jeune.

Sancerre Galinot 1990 de Gitton.

Nez oxydatif, floral et dominé par de la confiture de coings. La bouche démontre une acidité « borderline » , un côté métallique et une amertume écœurante à la longue. Je suis indécis, mais de loin pas convaincu par ce vin.

Barolo Bussia Soprana 1978 Aldo Conterna

Nez de bonbon anglais et de moka. La bouche est très acide, métallique et complètement déshabillée. Le vin a tourné et il est devenu imbuvable…

Porto Kopke vintage 1977

En remplacement du Barolo, Laurent nous propose de rajouter un porto. Celui-ci sera bien gentillet comme dit mon ami Patrick et ne sera de loin pas au niveau d’un vintage digne de ce nom. D’ailleurs, on dirait plus un colheita qu’un vintage. On passe.

Avec ces deux dernières bouteilles décevantes, on mangera la bombe or et chocolat noir, légèreté caramel, crème glacée aux pépites croquantes.

En résumé, je dirais que le niveau de la soirée aurait pu être plus relevée, mais elle a néanmoins été intéressante grâce à quelques belles découvertes comme les blancs bordelais et le Las Cases 28. La majorité des vins étaient dans les années 70. Je pense justement qu’il aurait été intéressant de descendre dans les années 50/60 comme cela avait été le cas l’année d’avant. De plus, il manquait un grand Bourgogne…  Je trouve aussi étonnant qu’il n’y a pas eu de coopération et d’entente entre les plats et les vins. Les sommeliers ont carafés des vins qui auraient pu en souffrir. Au vu du standing du restaurant on peut d’ailleurs en être surpris… Bizarre tout ça et je me réjouis d’en reparler un jour avec Laurent Vialette.

Sinon la nourriture a été excellente et le service des plats très bien.

écrit par | Publié dans: Dégustations et soirées thématiques | Mots clefs: , , , , , , , , , , , ,

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